Eidola, intimité avec la nature !

Un homme se réveille, seul et perdu au milieu d’un paysage désolé. Il n’a aucun souvenir de qui il est, et d’où il vient. Une entité invisible et mystérieuse le poursuit, le hante, et cherche à le posséder. Afin de lui échapper, il doit continuer d’avancer alors même que la Nature semble l’encercler.

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Critique : La force de ce film ? Les fabuleux décors. La liberté à l’imagination laissée au spectateur. Et enfin, ce suspens qui maintient le spectateur en hallène (mieux vaut pas en dire plus n’est pas ? 😉 ). Ce film nous montre un espace où l’Homme n’est en rien signifiant face à la dense et imposante Nature : montagnes gigantesques, plateaux à pertes de vue, et forêt où il nous est difficile de voir un rayon de Soleil. Peut-être est-ce un moyen de nous faire comprendre que la nature était présente avant l’arrivée de l’Homme, que ainsi qu’elle sera toujours là quand nous ne serons plus… En tout ca,s le titre Eidola – (forme pluriel du Grec, εἴδωλον, Eidolon, qui veut dire spectre/apparition) – n’est pas choisi au hasard, et ne peut qu’étayer cette supposition.
En bref, le film est un bel hommage à la Nature qui a encore tant à offrir en beauté visuelle et bienfait ! Par ailleurs, le choix de la musique en alliage avec les sons de la Nature est un vrai régal, tant comme la pureté de la photographie.

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Interview avec Paul Velle, co-scénariste et acteur du film:
AVCM : Tout d’abord, une question qui vient naturellement à qui voit le film : qui est cet homme ? Personnellement, j’ai pensé à un mort, èrant dans de mystérieux et imposants paysages !
PV : Eidola est un film qui tient plus du ressenti que du cérébral. Ce qui était le plus important pour nous, c’est que chacun puisse voir en cet homme ce qu’il voulait; un mort, un esprit, la personnification d’une idée ou d’un sentiment… .   Nous avons voulu lui donner une forme, un visage, un contexte, mais surtout, nous voulions qu’il y ait autant « d’histoires » que de spectateurs. Ainsi, le spectateur et -à sa façon- acteur lui aussi.

 

AVCM : Où avez-vous tourné ce film ? Les paysages sont d’une beauté étonnante !
PV : Pour la plus grande partie du film, nous avons tourné en Ecosse, dans les Highlands et aux alentours du Loch Ness. C’est vrai que les paysages sont particulièrement magiques et enchanteurs là-bas, ce qui allait parfaitement avec le côté « fantastique mais ancré dans le réel » que nous recherchions. Pour ce qui est des scènes en bord de mer, nous étions en Normandie! 

 

AVCM :  Ce qui est tout à fait étonnant, c’est que vous proposez en effet au spectateur de se créer sa propre histoire, sa propre opinion face à cet étrange personnage. D’où vous est venu cette idée ?
PV :  Nous avons voulu évoquer des images à la manière d’un poème, ou d’un conte. Dans ces récits, l’histoire a beau nous être racontée, l’imagination joue un rôle très important; chacun voit quelque chose de différent. Dans Eidola le visuel est présent, mais c’est l’histoire que le spectateur peut écrire. C’est une manière aussi d’inviter chacun à la réflexion, et à se confronter à ce qu’il voit à travers le personnage.

 

AVCM : Enfin, pouvez-vous me parler du processus d’écriture et de tournage ?
PV : Pour l’écriture, nous sommes partis d’une idée; l’homme face à la nature, et l’homme que l’on découvre -et qui se découvre- à travers la nature. C’était notre point de départ, et le reste du scénario s’est articulé autour de ce thème. Pour ce qui est du tournage, nous étions deux; la réalisatrice, et le comédien. Ainsi, en équipe réduite, nous bénéficions de plus de souplesse, et pouvions plus facilement saisir l’essence changeante de la nature -et particulièrement de la nature Ecossaise, souvent capricieuse mais toujours magnifique. D’autant plus que, à l’instar du personnage, nous étions deux face à la nature!

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Les « personnages »
L’homme
Un jeune homme sans nom se réveille dans un univers étrange. Tout autour de lui ne sont que des rochers, des arbres, rien qui ne puisse lui indiquer une quelconque direction. Il est égaré, apeuré. Et lorsque soudain, le paysage s’étire jusqu’à l’horizon, l’espace ne lui apporte aucun confort. Bien au contraire. Il réalise qu’il n’y a nulle part où aller, nulle part où « être ». La peur le ronge lentement. Une peur qu’il fuit, au lieu de faire face. Et en s’enfuyant de ce qu’il aurait pu confronter, le jeune homme devient la personnification même de la peur; une allégorie de ce à quoi il cherchait à échapper.
La Nature
La Nature est à la fois belle et cruelle; un cercle sans fin de création et de destruction, de mort et de renaissance. Omniprésente et omnipotente, hypnotisante et obsédante, la Nature fait contraste avec l’homme (et avec un grand H). La Nature n’est pas bonne. La Nature n’est pas mauvaise. Elle est, tout simplement. Elle existe afin de refléter l’image et la peur du protagoniste. Nous sommes tous issus de la Nature et d’une façon ou d’une autre, nous y retournerons.

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Production
Dès le départ, nous avons décidé de réaliser un film muet, contemplatif, qui tiendrait plus du ressenti que du cérébral. Eidola a été tourné avec seulement deux personnes; une réalisatrice/chef opératrice et un acteur. Comme la Nature joue un rôle important, travailler en équipe réduite nous a apporté une plus grande souplesse, nous aidant à capturer son essence changeante.
Pour le visuel, les paysages bruts et sauvages d’Ecosse se sont prêtés parfaitement au côté fantastique mais ancré dans le réel du film. Aussi, certains « codes » de contes de fées ont été utilisés; se perdre dans une forêt sombre, gravir un sommet menaçant, confronter une créature inconnue.
Afin de souligner les pérégrinations du personnage et la force du paysage, le cadrage et les mouvements à la caméra ont été gardés simples et concis. Alors que le montage, sautant d’un endroit à l’autre -à l’instar du personnage- nous transporte au coeur de ce monde irréel, et nous laisse dans l’incertitude quand à la prochaine destination.
Dans n’importe quel film, le son est important. Dans un film muet, il l’est doublement. La Nature étant au centre du film, il lui fallait une « voix ». Le ton de celle-ci avait besoin refléter le vide, le danger, et la force de la Nature. Les hurlements du vent, le lointain tonnerre, le craquement des arbres et le rugissement de la rivière devait faire pâlir tout autre voix vivante, la réduisant à un simple chuchotement. A cette fin, chaque bruit, chaque son, à été créé en post-production, donnant naissance à la voix de la Nature.

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Note de la réalisatrice Lola Moser :
Eidola un film surréaliste, qui tient plus des émotions que du cérébral. Il est à mi-chemin entre un court-métrage et un film expérimental; un projet sensoriel, où la Nature pousse l’Homme à prendre place à ses côtés.
Les émotions sont volatiles, intangibles, et enfouies au fond de nous. Mon objectif était de mettre les spectateurs en contact avec leur « vide intérieur » lors du visionnage. L’audience participe avec son imagination, voyageant à travers les images pour trouver sa propre interprétation.
La film n’est malheureusement pas disponible pour le moment ! Vous pouvez suivre l’actualité sur Facebook !
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